En présence de
Jean-Pierre Elias, Commissaire-Enquêteur
Fabrice Girard, adjoint au directeur en charge de TER, Direction de la mobilité et des transports du Conseil Régional
Xavier Rhoné, Directeur régional du Réseau Ferré de France Bretagne
Roger Mellouet, maire de Pont de Buis et VP du Conseil Général
Alain Masson, 2e adjoint au maire de Brest et vice-président de Brest métropole océane chargé du Développement durable et des grands projets
Public : Une vingtaine de participants dont des élus de Daoulas, d'Hanvec, de Châteaulin, de Pont de Buis.
Présentation du projet par le maître d’ouvrage, en la personne d’Audrey Delaunay.
Le commissaire enquêteur recueille les questions en vue de présenter un rapport avant la prise de décision ministérielle attendue courant 2013. Le
rapport sera rendu le 30 avril. (Un mois après la clôture de l'enquête).
Présentation
Le projet d’infrastructure ferroviaire a vu le jour en 1860. Les réseaux ont évolués au fil des ans et se sont répartis entre deux compagnies
différentes. Le barreau Quimper Landerneau servant de passerelle entre les deux.
Aujourd’hui, il représente 103 kilomètres de lignes : 20 km entre Brest et Landerneau et
83 km entre Landerneau et Quimper.
Le projet se veut complémentaire au projet Bretagne Grande Vitesse.
Il viendra en support au transport en commun par autocars et bus. (En voiture, il faut 53 minutes pour relier Brest à Quimper et en bus 1h20 à 1h30. Un
peu plus d’ 1 heure en train).
La fréquence actuelle des trains est de 6 allers-retours quotidiens du lundi au vendredi avec renfort le vendredi. Les trains de week-end circulant
indépendamment.
Objectif
Doubler la fréquence des trains, l’amener à 12 AR / jour
Réduire la durée du trajet Brest-Quimper en la ramenant à moins d’ 1 heure
Préparer un trajet Brest-Nantes direct sans changement à Quimper
Ce qui fera : 6 allers-retours directs Brest-Quimper et 6 allers-retours semi-directs (avec arrêts à Châteaulin, Pont-de-Buis, Dirinon,
Landerneau)
Cela nécessitera une adaptation des lignes ferroviaires aux réseaux cars.
Avantages
Évolution du nombre de passagers à 139 000 /an.
Diminuer la durée du trajet direct Brest-Quimper
Proposer une liaison Brest-Nantes sans changement à Quimper.
Moyens
Créer un réseau à double voie pour compléter le réseau à voie unique commandé manuellement, pour permettre le croisement des trains sans arrêt. (Autour
d’Hanvec, principalement)
Ceci entraînera la généralisation de la télécommande informatique du réseau qui se déplacera de Quimper à Landerneau, le relèvement de la vitesse et la
modernisation de la signalisation.
Le tronçon Rhénanie-du-Nord-Westphalie sera à réaménager.
Le projet se passe d’électrification à ce stade.
Évocation du coût de l'électrification de la ligne : pas à l'ordre du jour car coût trop élevé comparativement au potentiel de population
desservie.
Échanges avec la salle
Question de Raymond Caroff, élu d'Hanvec : Le passage à niveau de la route Hanvec Sizun sera-t-il fermé ou pas pendant les travaux ?
Réponse de RFF : ponctuellement il le sera, on essaiera de prévenir la commune le plus en amont possible. N'hésitez pas à consigner vos souhaits ou
remarques sur la gestion des passages routiers pendant les phases d'études et de travaux.
L'élu d'Hanvec souligne que la commune vient de refaire un pont qui avait été dégradé en raison de la déviation de la route Hanvec-Sizun sur ce pont qui
n'a pas supporté un surcroît de trafic.
Question de Joëlle Cochy-Gac : Y a-t-il vraiment une grande différence de temps de trajet entre un train direct et un train qui s'arrête dans les
gares intermédiaires ?
Réponse de RFF : Le train perd 3 minutes environ par arrêt. (De Landivisiau à La Forest-Landerneau, distantes de 20 kms, on compte 4 gares avec
arrêts. De Châteaulin à Landerneau, distantes de 30 kilomètres, on compte seulement 3 gares avec arrêts).
Sylviane Touffait, élue de Châteaulin chargée de l'urbanisme, de l'environnement et du cadre de vie ne voit pas les améliorations que sa commune peut
attendre de ces travaux : pas d'arrêts supplémentaires, les bénéfices n'apparaissent que du côté des directs Brest-Quimper ?
Réponse de RFF : les études de fréquentation et les projections sur la clientèle dominante privilégient les transferts entre grandes villes
Le maire de Pont de Buis souligne que les horaires des trains ne sont pas adaptés aux trajets domicile travail des habitants des communes
intermédiaires
L'association TER Brest-Quimper demande si 12 AR par jour est un maximum ou si on pourrait monter à 18 allers-retours par jour.
Réponse de RFF : actuellement on ne peut faire circuler qu'un train toutes les heure et demie dans chaque sens ; après les travaux, ce sera un
train par heure dans chaque sens (mais pas plus) .
il y aura quelques possibilités d'évolution de l'offre ferroviaire (sans travaux supplémentaires) mais elles se feront aussi en fonction de la réponse de
la clientèle.
Question de Joëlle Cochy-Gac : pourquoi pas plus de haltes, notamment à Daoulas ?
Réponse : c'est toujours une question d'arbitrage entre temps de trajet et nombre de haltes, il faut trouver le juste équilibre..C’est la Communauté
des Communes de Landerneau qui a décidé du choix de Dirinon comme seule desserte entre Pont de Buis et Landerneau.
Sans demande de la part des passagers des petites communes, la SNCF limite le nombre d’arrêts, même s’il y a une gare.
Question de l'association TER Brest-Quimper :en quoi consiste le ripage des courbes ?
Réponse de RFF : on démonte les rails et on remanie la plate forme de ballast pour reposer les rails sur le bord de cette plate-forme : ça
réduit les courbes et ça permettra aussi à terme l'installation d'une deuxième voie ferrée.
Le maire de Pont de Buis s'inquiète de la vitesse des trains (directs) notamment en pleine ville comme au passage à niveau de la rue de Quimper
Réponse de RFF : C'est un problème quand la voie est en mauvais état, les trains circulent à la vitesse à laquelle les voies le leur permettent.
S'ils circulent vite, c'est que les voies sont en bon état.
(NDLR : ça ne répond pas à la question de la sécurité des passages à niveau)
Un agriculteur dont les terres sont coupées par la voie demande si le passage à niveau qui lui permet de passer d'une parcelle à l'autre sera
supprimé
Réponse de RFF : pas de fermeture prévue.
Un possesseur de chiens de meutes s'inquiète quant à la vitesse des trains en forêt du Cranou
Réponse : tout animal domestique est sous la responsabilité de son maître.
Alain Masson, élu BMO
On est au pied du mur quant à l'avenir de cette ligne: ou bien on l'améliore maintenant ou bien on la ferme.
L'amélioration vise à capter une partie du flux automobile domicile-travail et en particulier les déplacements Brest-Quimper.
Pour les communes intermédiaires, on peut imaginer à terme par exemple des navettes ferroviaires Quimper-Châteaulin/ Châteaulin-Quimper.
Il faut aussi prendre en compte ceux qui ne conduisent pas : notamment les plus jeunes et les plus âgés.
Ces travaux permettront aussi de faire des trajets Brest-Nantes sans changement à Quimper, c'est très important pour la liaison entre Bretagne Nord et
Bretagne Sud.
Précision d'Antoine Stouff, responsable des déplacements de BMO pour l'association TER Brest-Quimper .
Les comptages effectués sur la voie express en 2008 recensaient :
42 000 déplacements quotidiens sur la voie express entre Brest et Quimper
Parmi eux : 27 000 captifs de la voiture (trajets « décentrés » ex : Douarnenez-Plouzané, ou véhicule-outil de travail, ou horaires
décalés)
14 450 étaient des déplacements entre zones suffisamment proches de la voie ferrée pour être éventuellement reportés vers le train dont 6150 (40 %) de
trajets directs Brest-Quimper.
Conclusion de Fabrice Girard pour le Conseil Régional
Il faut tout de même se réjouir que 60 millions d'euros soient investis sur la ligne, elle a un avenir.
Le Conseil Régional veillera aussi à la complémentarité entre l'offre du car et celle du train, il faut redonner à chaque type de transport sa
mission.